la robe aux 4000 boutons

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la robe aux 4000 boutons2017-03-08T11:53:29+00:00

Project Description

120×120

Cette robe de la transmission est un hommage rendu à la peintre mexicaine Frida Kalho. Au Mexique, Frida est une icône. Figure sacrée représentant chacune d’entre nous, les femmes, la Femme qui porte en elle le génie créateur et la force créatrice naturelle de la reproduction. Chez Frida ce désir fou d’enfanter ne put prendre corps. La peinture fut le radeau de survie qui toujours la retint en vie. Malgré toutes les souffrances physiques et psychiques. Le message de Frida ce pourrait être cela : l’art, la culture comme radeau de survie. Comme mise en lien possible au monde. Malgré tout.

 

Pour porter ce message haut et clair et le transmettre à mon tour, j’ai collecté des milliers de boutons auprès de femmes aux vécus très divers qui leur vie durant les rangèrent dans des boîtes. Des récits de vies entières contenus dans des boîtes à boutons… Une vie-une boîte. C’est beaucoup et peu à la fois…

 

En cousant ces milliers de boutons d’autres vies, d’autres temps, j’ai fait de cette robe le témoin de passés. Chaque bouton éclaire son voisin de sa matière étincelante, de sa couleur, de sa taille. Le petit rend le grand plus présent, la nacre qui le constitue rappelle les jours heureux… L’ensemble est lourd. Vingt kilos peut-être. Une robe importable comme le sont devenues les armures d’antan que l’on garde précieusement pour ne pas oublier ce qu’était AVANT et questionner aujourd’hui.

 

 

Avant, les enfants qui n’avaient guère de jouets, s’asseyaient au pied de leur grand-mère ou de leur maman cousant, et jouaient avec ces boutons qu’ils animaient de leur imagination déliée. Tel bouton devenait un indien, tel autre une maîtresse d’école, un pirate, une aviatrice…Aujourd’hui, peu à peu, nous perdons ces instants privilégiés où la relation parente-enfant se jouait souvent par delà les mots. La boîte à boutons était proposée par celle qui incarnait la génération du dessus au petit ou à la petite. Et un autre monde prenait corps, autorisé, encouragé.

 

Par quoi avons-nous remplacé, par quoi remplaçons-nous, ces moments simples et intenses ? Les jeunes mamans d’aujourd’hui ne cousent plus guère, les papas n’ont pas pris le relais. Qui  possèdent encore une boîte à boutons ? Il y a la fermeture éclair qui a supplanté le bouton, et puis un accès matériel aux jouets, aux choses, qui est différent. Des modes de vie qui ont évolué.

 

Oui. Là est la question que je pose : par quoi pourrions-nous remplacer ces moments très particuliers de tissage transgénérationnel ?

 

                                                                             Marie AUGER,  21 janvier 2013

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